vendredi 28 novembre 2014

La peur !

 5, 6, 7 décembre 2014
venez aux
Xes Rencontres de Cannes 
entrée libre et gratuite
---
 suivez-nous en direct 

Et pour mettre l'eau à la bouche et la sueur aux tempes  ... voici ce petit papier paru il y a quelques temps dans la Tribune (2010) : 

La nouvelle idéologie de la peur

          Des lycéens qui disent — en rigolant — combien ils ont peur pour leurs retraites ; des militants écologistes qui, pleins de courage, bravent les forces de police, pour exprimer leurs peurs des déchets nucléaires. Tels sont les derniers exemples — étranges — du triomphe paradoxal de l’idéologie de la peur dans nos sociétés. Pourquoi paradoxal ? Pour au moins deux raisons. Il est d’abord frappant de constater combien se sont multipliées les peurs dans un monde devenu pourtant sûr comme jamais dans l’histoire. Ce ne sont plus, comme jadis, les guerres, les famines, la mort brutale et précoce, le diable ou l’enfer qui effraient, mais le mal manger, le mal respirer, le mal boire, le fumer (ça tue !). Ce sont les OGM, les nanotechnologies, les sautes de la météo, etc. Aux grandes causes d’effroi d’autrefois se sont substituées d’innombrables petites phobies envahissantes et d’autant plus terrorisantes que leur œuvre est discrète. Jamais, chez nous, la guerre n’a été aussi éloignée, jamais la famine plus improbable, jamais on n’a été aussi sûr de parcourir tous les âges de la vie, jamais la maîtrise de la santé n’a été plus efficace… et, au lieu de nous en réjouir, c’est la trouille qui nous taraude pour le présent comme pour l’avenir ! Et, en plus, — second paradoxe —  nous n’en avons même pas honte. Autrefois considérée comme une passion infantile (ou féminine), la peur était un vice dont l’homme adulte devait se libérer pour grandir. De nos jours, elle est devenue une vertu, presque un devoir. Condition de la lucidité, aiguillon de l’action, elle a acquis le statut de sagesse. Qui ne tremble point commet de nos jours le triple péché d’ignorance, d’insouciance et d’impuissance. Comment en est-on arrivé à une telle inversion ?
            On peut avancer trois types d’interprétation.
            1) Une première (d’inspiration nietzschéenne) mettra cette montée des peurs déculpabilisées sur le compte du déclin de l’Occident. Face au dynamisme juvénile des pays émergeants, les sociétés de la modernité tardive seraient devenues frileuses, plaintives et timorées, à la fois vieilles et infantiles. D’un côté, le vieillissement démographique produirait une baisse de l’énergie et une paralysie des attentes ; de l’autre, la fonction protectrice de l’Etat infantiliserait la société en sur-assistant les personnes. Bref, le triomphe des peurs révélerait la lente agonie d’un Occident pourri-gâté.
            2) Une seconde lecture (d’inspiration tocquevillienne) insistera sur notre appétit insatiable du bonheur et du confort. Alors que les régimes aristocratiques étaient guidés par l’honneur des « gens biens nés », qui englobait l’esprit de sacrifice et le courage, les sociétés démocratiques égalitaires recherchent avant tout le bien-être et la sécurité pour tous. Or, le bien-être ne connaît pas de borne et sa préservation ne sait aucune limite. D’où cette conséquence inévitable : plus nous possédons, plus nous craignons de perdre. La montée des peurs est donc un effet mécanique de l’égalisation et de l’amélioration des conditions.
            3) Une troisième interprétation (d’inspiration freudienne) verra dans la multiplication des peurs un moyen de répondre au vide spirituel de notre temps. Car la peur donne du sens et des repères dans un univers qui semble ne plus en avoir. A défaut d’avoir un avenir radieux, une horizon béni, — et nous sommes immunisés en la matière ! — il reste très utile d’avoir un horizon de non-sens ou un avenir piteux. La débâcle climatique,  la catastrophe financière, la figure diabolique d’un président honni, … tout cela permet de redonner sens à nos actions et à nos vies. Bref, et c’est le troisième paradoxe : la peur rassure ! C’est ce que disait Freud à propos des phobies : leur multiplication nous permet d’échapper à l’angoisse causée par des conflits psychiques insupportables. L’angoisse, qui ne porte sur rien, ne peut être combattue, tandis que les peurs, qui sont limitées, peuvent être apprivoisées. On préfère, donc, avoir peur de quelque chose, plutôt que d’être angoissé par rien, c’est-à-dire par tout. D’où cette idéologie de la peur si puissante aujourd’hui. Elle est une idéologie, car elle offre, au fond, tout ce qui manque à nos sociétés désenchantées : elle fait sens (tout s’explique !), elle fait lien (tous ensemble !) et elle fait programme (agissons !). J’ai peur, donc je suis.

            Déclin de l’Occident, passion du bien-être ou quête de sens ? Il y a sans doute un peu de tout cela dans le phénomène. Chacun pourra proportionner la dose de ces trois interprétations à sa guise, mais elles montrent que l’anxiété est profonde. Cela dit, il ne faudrait pas non plus se mettre à avoir trop peur de la peur. Car ces craintes, pour être multiples, n’en restent pas moins limitées. Certes elles bloquent, ralentissent, énervent, mais, mis à part quelques prophéties d’illuminés, elles font aussi l’objet d’un examen critique assidu. Toutes sont médiatisées par un débat, qui est parfois rude (réchauffement climatique, OGM ou nanotechnologies), mais qui n’a rien à voir avec les paniques meurtrières que l’Europe a connues à l’aube des temps modernes et que le reste du monde n’a pas fini d’expérimenter. Ce qui amène d’ailleurs à penser que le déclin de l’Occident est en fait tout relatif !

samedi 15 novembre 2014

Qui peut juger de la légitimité d'une décision politique ?

Cette question évoquée sur France Culture le 12/11/2014 dans l'émission le Grain à moudre, avec Fabienne Bruguière, Gérald Bronner et votre serviteur.

Je ne saurais trop recommander la lecture de l'excellent ouvrage de Gérald Bronner, La démocratie des crédules, PUF.

vendredi 26 septembre 2014

A qui appartiennent les enfants ?


Vers l’âge de 28 ans (c’est l’âge moyen aujourd’hui), il arrive que l’on « ait » des enfants, mais sont-ils vraiment à nous ? S’il fallait en croire notre hymne national — Allons enfants de la patrie ! — , les enfants appartiendraient moins à leur famille qu’à la nation, qui pourrait à tout moment en disposer comme bon lui semble. Elle ne s’est d’ailleurs pas privée de le faire. Prenons 1914 : on ne peut être aujourd’hui que surpris, à l’âge des guerres réputées « propres », par le consensus presque absolu qui a permis le sacrifice d’une part majeure de la jeunesse européenne. Certes l’enthousiasme des débuts a vite cédé le pas à un désespoir sans nom, mais, pendant quatre ans, il n’a jamais trouvé les ressources pour éviter ou à tout le moins limiter le massacre mutuel des enfants de patries voisines réputées civilisées. Ce fut l’apothéose tragique de la solution traditionnelle à la question « à qui appartiennent les enfants ? » : ils n’appartiennent, a-t-on longtemps pensé, ni aux parents ni aux familles ni à eux-mêmes mais à la communauté quelle qu’elle soit : bande, clan, tribu ou nation, qui peut en user et abuser sans limite.
            Face à cette solution traditionnelle, dont la compréhension nous échappe presque totalement désormais, nous autres contemporains sommes tentés de répondre d’une tout autre manière : les enfants n’appartiennent qu’à eux-mêmes ! Car ce sont des « personnes » à part entière, libres et égales en droit, et non des membres d’une communauté. Leur éducation est à leur propre service et non au service du clan, de la nation, de sa puissance ou de sa gloire ; elle doit se plier à l’impératif de leur épanouissement, à l’injonction de leur bonheur présent et futur, aux moindres souffles de leurs désirs. L’éducation de l’enfance est devenue synonyme de « protection de l’enfance ». On voit pourtant sans peine la difficulté de cette nouvelle conception. Car si les enfants n’appartiennent d’emblée qu’à eux-mêmes, pourquoi faudrait-il encore les éduquer ? Pourquoi faudrait-il les faire devenir autre qu’ils ne sont, s’ils sont dès leur naissance tout ce qu’ils doivent être ? Et comment ne pas voir qu’un enfant qui n’appartient qu’à lui est un enfant abandonné … 
            Devant la double impasse d’une réponse traditionnelle impossible et d’une solution contemporaine improbable, on pourrait se tourner vers les grandes religions monothéistes qui avaient trouvé une issue intermédiaire, élégante et puissante, à ce problème. Pour elles, les enfants n’appartiennent ni au groupe ni à leurs parents ni à eux-mêmes, mais à Dieu, père suprême, seul Créateur de tout. Celui-ci les placerait en quelque sorte en location chez leurs parents « adoptifs » en leur en confiant la garde et la responsabilité bienveillante. C’est cette idée qui permet à John Locke, par exemple, dans le Traité sur le gouvernement civil (1690) de dénier aux parents le droit de vie et de mort sur les enfants — et du même coup (car tel était l’enjeu) aux rois de disposer à leur guise de l’existence de leurs sujets. L’idée est belle, mais sa réalisation le fut moins, car aucune des trois grandes religions n’est parvenue à renoncer tout à fait à la pratique du sacrifice communautaire des enfants ; elles l’ont même parfois porté, au nom de Dieu, à son intensité maximale.
Il y a pourtant dans cette idée d’un tiers entre l’enfant et sa famille, la matrice d’une solution compatible avec l’individualisme contemporain. Car, on pourrait dire que l’enfant n’appartient ni à lui-même ni à sa famille ni à la communauté ni à l’Etat ni à Dieu, mais à l’adulte qu’il sera plus tard[1]. Et c’est à cet adulte futur que doivent travailler de concert non seulement la famille, la société, l’Etat et Dieu (si l’on y croit), mais l’enfant lui-même ; car il n’y aurait rien de tout cela s’il n’y avait pas d’adultes ! Tous doivent s’en occuper pour qu’il grandisse et s’appartienne comme grande personne. Cela s’appelle l’autonomie, et je ne vois pas d’autre finalité de l’éducation que celle-ci.

            On achèvera de s’en convaincre, en relisant ce passage sublime du fameux ouvrage Le Prophète du poète libanais Khalil Gibran (chapitre 3) :

Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez nous des Enfants.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L’Archer vise la cible sur le chemin de l’Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l’Archer vise la joie.
Car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime également l’arc qui est stable.

——
• Khalil Gibran, Le prophète,  (1923), Livre de Proche, 1996



[1] Le philosophe du droit Pufendorf (1632-1694) compare l’éducation des parents à la gestion des affaires et des intérêts d’une personne qui est absente : « On a lieu de présumer que si en naissant [l’enfant] eût l’usage de la Raison, et qu’il eût pu considérer, qu’il ne pouvait point absolument se conserver en vie sans le soin de ses parents, et par conséquent sans l’autorité que ce soin demande, il s’y serait volontiers soumis, à condition qu’ils l’élevassent bien : consentement, qui étant présumé sur un fondement raisonnable, vaut autant qu’un consentement formel ; de même qu’une personne, de qui on a fait les affaires en son absence et à son insu, est censée s’être engagée tacitement à dédommager des dépenses que l’on ferait pour lui rendre ce service » (Droit de la nature et des gens, Livre VI, Chap. II, § 4). Ceci pour montrer que l’autorité paternelle n’a rien de naturelle, mais qu’elle repose sur un contrat tacite.

dimanche 10 août 2014

Suite de l'histoire du Capital (Allemagne et Etats-Unis)… 

Le chapitre 4 « De la vieille Europe au Nouveau Monde » élargit l’approche historique de la structure du capital à l’Allemagne et à l’Amérique du Nord. Cela permet de faire une synthèse de la grille de lecture adoptée par Piketty.
Le premier regard, le plus ample, examine la composition du capital : les deux grandes évolutions des pays développés est que 1) les terres agricoles ont été remplacées par le capital immobilier, industriel et financier ; et 2) le rapport capital/revenu s’est effondré après 1914 et n’a cessé d’augmenter après 1945 pour atteindre le niveau de 1914.
Le second regard s’approche des éléments de ce capital et de leurs liens : 1) Quelle est le part des actifs étrangers ? Très importante pour les puissances coloniales, elle s’amenuise ensuite sauf pour l’Allemagne pour qui elle représente aujourd’hui 50% de revenu national. 2) Deuxième élément : le capital public et la dette publique ; 3) Troisième élément : Le capital privé, c’est-à-dire la richesse patrimoniale des individus, qui, elle aussi, suit un courbe en U.

La guerre de 14 explique, pour l’Europe, la chute du rapport capital/revenu par l’effet cumulé des destructions, des chocs budgétaires, des troubles financiers (le fameux emprunt russe, la nationalisation du canal de Suez). C’est la fin des rentiers.
En Amérique du Nord, les chocs du XXe siècle ont moins d’effets, ce qui fait que le rapport entre capital nationale et revenu national est beaucoup plus stable.

Parmi les autres enseignements du chapitre, je note :
• « Le pays qui a le plus massivement utilisé l’inflation pour se débarrasser de ses dettes au XXe siècle – L’Allemagne — ne veut pas entendre parler d’une hausse des prix supérieurs à 2% par an ; le pays qui a toujours remboursé ses dettes publiques, y compris au-delà du raisonnable — le RU —, a une attitude plus souple et ne voit pas de mal à ce que sa banque centrale achète une bonne part de sa dette publique et laisse légèrement filer l’inflation » (p. 227)

• L’analyse sur le poids du « capital esclavage » aux Etats-Unis (p. 250 sq.) : « On constate que la valeur totale des esclaves était de près d’une année et demie de revenu national aux Etats-Unis à la fin du XVIIIe et pendant la première moitié du XIXe, c’est-à-dire approximativement autant que la valeur des terres agricoles » (p. 251). Piketty voit dans le phénomène la source de l’ambivalence américaine : d’un côté une promesse égalitaire et un espoir considérable placé dans cette terre d’opportunités ; de l’autre, une forme extrêmement brutale d’inégalité, notamment autour de la question raciale (p. 254).

Petite réserve de lecture en passant, sur la structure de détail du livre qui n'articule pas assez à mon goût les analyses. Le fil chronologique d'ensemble est clair, mais Piketty juxtapose ensuite des fiches d'analyse. Bref, petit défaut architectonique.
 à suivre … 

samedi 2 août 2014

Métamorphoses du capital (Piketty suite)


Ce chapitre (3) a pour objet de montrer que le capital a une histoire et que sa répartition comme ses mécanismes sont intimement liés au contexte historique. L’évolution générale que dévoile Piketty peut être résumée d’une manière simple. Que ce soit en France ou au Royaume-Unis (pays sont les sources sont les plus étendues et fiables), le capitalisme de rentier (où la part du patrimoine sur le revenu du travail est largement  prépondérante) s’effondre totalement et brusquement après la Première Guerre mondiale. Durant une période qui va jusque dans les années 50, le capital national ne vaut plus que deux ou trois années de revenu national. Mais à partir des années 50, le rapport capital/revenu n’a cessé d’augmenter pour atteindre au début des années 2010 environ 5 ou 6 années de revenu national.
« Le siècle écoulé se caractérise par une spectaculaire courbe en U. Le rapport capital/revenu a été divisé par près de trois au cours de la période 1914-1945, avant d’être multiplié par plus de deux sur la période 1945-2012 » (p. 189).
Encore faut-il, pour bien saisir le sens de ce processus, regarder la composition de ce capital. En 1914, le capital de la France et du Royaume-Uni était essentiellement terrien, il est devenu, à la faveur de cette évolution, d’abord immobilier, industriel et financier. Par ailleurs, le capital s’est « décolonisé » : les énormes placements étrangers des puissances anglaises et françaises vont totalement disparaître au cours de la période 1914 – 1929 – 1939. Mais cette évolution comporte aussi une stabilité impressionnante quant à la répartition entre le capital public et le capital privé. Pour le dire d’un mot : la richesse d’un pays tient à son capital privé : « Les patrimoines privés constituent au début des années 2010 la quasi totalité du patrimoine national dans les deux pays : plus de 99% au RU et environ 95% en France … [et l’on] constate qu’il en a presque toujours été ainsi » (p. 202). Expérience de pensée : si l’on vendait tous les biens publics pour rembourser la dette, … il ne resterait rien (au RU) ou pas grand chose (en France) !
Mais il ne faut pourtant pas négliger les relations entre les deux formes de patrimoine public et privé. Ainsi, au XIXe sicle, la dette publique fut un puissant moyen d’enrichissement pour les détenteurs de patrimoine. Ceux-ci, en prêtant à l’Etat pour un taux très favorable (5%), disposaient, grâce aux intérêts, d’une rente juteuse et sûre. Cela a totalement changé dans la période creuse du « U » : dans un contexte d’inflation (au XXe siècle), l’endettement public est apparu au contraire comme un instrument de redistribution en faveur des plus modestes ; la dette, noyée dans l’inflation, permet de financer les déficits par eux qui ont prêter leur patrimoine à l’Etat, sans avoir à augmenter les impôts.
Du côté des actifs publics, après une ample accumulation à la suite de la crise de 29, la plupart des pays développés a entrepris de privatiser dans les années 1980-1990. Bref, aujourd’hui le patrimoine public net retombe à des niveaux très bas, tandis que les patrimoines privés retrouvent peu à peu leurs niveaux d’avant les chocs du XXe siècle.
« C’est ainsi que [la France], sans avoir vraiment pourquoi, a totalement transformé à deux reprises, et dans des directions opposées, la structure de son patrimoine national au cours du siècle écoulé » (p. 222).
… à suivre

COLLEGE DE PHILOSOPHIE — SAISON 2026

Le Collège de philosophi e ,  présidé par Pierre-Henri TAVOILLOT et Eric DESCHAVANNE,  a le plaisir de vous convier à ses conférences publiq...