samedi 2 novembre 2013

La ruse en démocratie - Conférence de Jean-Vincent Holeindre

Dans le cadre des séances de Culture générale de mon cours de Licence 3 
consacré à « L'art politique », j'ai le plaisir de recevoir 

Le jeudi 7 novembre 2013

Jean-Vincent Holeindre, Université Paris II-Assas

« De la ruse en démocratie »

auteur de : Le renard et le lion. La ruse et la guerre dans le discours de la guerre (Perrin, à paraître)

Amphi Guizot, 18h30 (entrée au 17 rue de la Sorbonne)

L'entrée est libre dans la limite des places disponibles

Voir sa présentation sur 



dimanche 13 octobre 2013

Vieillir : pour ou contre ?



         La question fera sourire : comme si on avait le choix ! Et même si on avait le choix : comment hésiter ? C’est là pourtant l’objet d’une des plus longues querelles philosophiques qui fut. Elle débute au VIIe siècle av. J.-C par ce vers de Solon : « Puissè-je devenir vieux en apprenant toujours ». Le grand sage athénien entendait répondre à un des plus célèbres poètes du temps, Mimnerme de Colophon, qui citait, dans un de ses écrits, l’histoire de la déesse Aurore. Celle-ci, éprise de Tithon, un jeune et beau mortel, avait demandé à Zeus d’accorder l’immortalité à son aimé. Zeus accomplit son vœu, mais Aurore réalisa, horrifiée, qu’elle avait oublié de demander un complément indispensable : l’éternelle jeunesse. Le pauvre Tithon fut vite hors d’usage. Mimnerme pouvait alors conclure son élégie : « elle est fugitive comme un songe, la précieuse jeunesse ; et la pénible, l’informe vieillesse arrive vite sur notre tête ; elle est odieuse et méprisable à la fois, elle qui rend l’homme méconnaissable, qui trouble les yeux et voile l’esprit. Puissè-je, sans maladies ni pénibles soucis, rencontrer, à soixante ans, le lot de la mort ».
            C’est en réponse à ce poème que Solon entreprend une défense de la vieillesse : non seulement une vie de 80 ans ne lui fait pas peur, mais il peut espérer qu’à sa mort on le pleurera, preuve qu’il n’aura pas atteint le fond de la décrépitude. Il propose donc de modifier la fin du poème : « Puissè-je devenir vieux en apprenant toujours ».
            La querelle était lancée. Platon, Aristote, Plutarque, Epicure, Montaigne, et bien d’autres s’en feront l’écho, jusqu’à nous. Voici les principaux arguments pro et contra.
            Les « anti-vieillesse » se focalisent sur le processus d’usure qui diminue les performances physiques et intellectuelles. Il y a, disent-ils, un point culminant de la vie au-delà duquel l’espace se restreint et le temps se borne. Il nous arrive, certes, d’admirer de sages, d’énergiques, voire de beaux vieillards. Mais ce que nous admirons en eux, ce n’est pas la vieillesse, mais la sagesse, l’énergie ou la beauté qu’ils conservent en dépit de leur grand âge. La vieillesse, elle, n’est jamais admirable.
            Non !, objectent les défenseurs — et parmi eux, Cicéron —,  la vieillesse n’est pas un déclin, elle est une libération des passions qui permet, enfin, la sagesse. La vieillesse n’est détestable que lorsqu’elle clôt une vie sans vertu ni raison. Ce n’est donc pas la vieillesse que l’on abhorre, mais la vie déréglée. Si, par contre, l’existence est bien conduite, la vieillesse devient une récompense. La perte d’énergie est largement compensée par la lucidité et l’expérience. Nulle aspiration futile ou fugace ne vient plus nous détourner de l’essentiel : la vieillesse « fait plus et mieux » parce qu’elle est désillusionnée.
            Faux ! rétorque Nietzsche. La sagesse n’est qu’un cosmétique de plus pour une vieillesse qui se ment et refuse de voir sa déchéance. Toute la philosophie n’aurait-elle été inventée que pour consoler le vieillard ? Pour le convaincre que son impuissance était mérite, que son naufrage était port, que son manque d’appétit était ascèse, que sa fatigue était sérénité, que son égoïsme était recueillement ? Derrière la prétendue sagesse du vieux philosophe, dit Nietzsche, rien d’autre qu’une immense lassitude.
            Mais pourquoi renoncer à cette consolation de la philosophie ? Après tout, on peut être lucide sur son déclin tout en s’efforçant de le vivre le mieux possible. Tant que la vie résiste à la mort, il peut y avoir des projets et du sens. Sans doute ne faut-il plus espérer, passé un certain âge, pouvoir changer du tout au tout ou devenir autre qu’on est, mais on peut se réconcilier un peu avec soi, avec les autres et avec le monde. C’est ce qu’écrit Rousseau,  dans ses Rêveries, quelques mois avant sa mort, quand il répondit à son tour au vers de Solon : « Je n’ai pas, comme Solon, le bonheur de pouvoir m’instruire chaque jour en vieillissant, […] Heureux si par mes progrès sur moi-même, j’apprends à sortir de la vie, non meilleur, car cela n’est pas possible, mais plus vertueux que je n’y suis entré ».
            Impossible, sans doute, de trancher cette querelle : au jeu du plus lucide chacun prétend avoir le dernier mot ; mais elle permet au moins de comprendre la source de l’extrême difficulté qu’il y a à répondre à cette autre question : à quel âge devient-on vieux.

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Poètes élégiaques et moralistes de la Grèce, trad. E Bergougnan, Paris, Garnier (en ligne sur http://www.weblettres.net).

dimanche 29 septembre 2013

L'intergénérationnel au Collège de Philosophie


Prochaine séance du Collège de Philosophie

Prochaine et première séance du Collège de philosophie

Samedi 5 octobre 2013, Amphi Michelet (14h-17h).

Comment penser la justice entre les générations ?

avec Jean-Cassien BILLIER

Voir cet article http://cippa.paris-sorbonne.fr/?page_id=1718


Entrée libre dans la limite des places disponibles. 

jeudi 19 septembre 2013

Calendrier des séances de séminaires

 Voici le calendrier des séances des deux séminaires de cette année : 

Master 1 — Comment gouverner ? La question de l'art politique en démocratie

Master 2 — Ethique et philosophie politique de la famille (II)

La participation au séminaire est possible sur demande (phtavoillot@gmail.fr).


Semestre 1 (Maison de la recherche « Rue Serpente », salle 421, vendredi 13h-15h pour le Master 2 
& Sorbonne, salle E 568 de 12h30 à 14h30 pour le Master 1)

Vendredi 27 septembre 2013 – M1
Vendredi 4 octobre – M2
Vendredi 11 octobre – M1
Vendredi 18 octobre – M2
Vendredi 25 octobre – M1/M2 Méthodologie
Vendredi 1er novembre (Toussaint)
Vendredi 8 novembre – M1
Date à fixer – M2 (direction de mémoire)
Vendredi 15 novembre – M2
Vendredi 22 novembre – M1
Vendredi 29 novembre – M2
Vendredi 6 décembre (pas de séminaire)
Vendredi 13 décembre – M1
Vendredi 20 décembre – M2
Vacances Noël
Vendredi 10 janvier 2014 – M1
Date à fixer (janvier)– M2 (direction de mémoire)

NB : Pour le Master 1 — Cycle de conférences en novembre et décembre
(Lavis, Védrine, Guaino, Gueniffey).

Semestre 2 (Sorbonne, Amphi Champollion, jeudi 14h-16h)
Jeudi 6 février 2014 – M1
Jeudi  13 février – M2
Jeudi 20 février – M1
Date à fixer (février/mars)– M2 (direction de mémoire)
Jeudi 27 février (vacances de février)
Jeudi 6 mars – M2
Jeudi 13 mars – M1
Jeudi 20 mars – M2
Jeudi 27 mars – M1
Jeudi 3 avril – M2
Jeudi 10 avril – M1
Jeudi 17 avril (vacances de printemps)
Jeudi 24 avril – M2
Jeudi 1er mai (férié)
Jeudi 8 mai (férié)
Jeudi 15 mai – M1

 MASTER I- COMMENT GOUVERNER ? LA QUESTION DE L’ART POLITIQUE EN DEMOCRATIE.


La démocratie depuis son origine est confrontée à l’objection de son impuissance. Inapte à produire de l’ordre, incapable de suivre un cap, aveugle dans la détermination de son propre intérêt, le « gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » (selon la formule consacrée) serait voué à la démagogie et au chaos. Cette critique ancienne, régulièrement opposée au régime démocratique a pris une nouvelle dimension à l’âge de la mondialisation. Face à la globalisation des défis — financiers, environnementaux, techno-scientifiques, géopolitiques — ; face aussi aux difficultés des sociétés à penser leur unité confrontées qu’elles sont à leur propre complexité et conscientes comme jamais de leur diversité, l’ancienne critique retrouve toute son actualité. Sans mettre en question l’idéal lui-même — la démocratie demeure quasi universellement le régime incontestable dans son principe —, elle ne cesse d’être remise en question dans ses applications concrètes toujours décevantes.  Le séminaire s’interrogera sur les contraintes particulières qui pèsent sur l’art politique à l’âge démocratique. La mondialisation, la médiatisation, le triomphe de l’esprit critique, la complexification de la réalité politique fruit paradoxal d’une meilleure connaissance du tissu socio-économique, la temporalité électorale … autant d’éléments qui contraignent la délibération et la décision politiques jusqu’à risquer d’en étouffer la possibilité. Après cette tentative d’inventaire, et une mise en perspective historique de l’antique question de « l’art politique », le travail collectif de recherche s’attachera à explorer les antidotes possibles de cette (éventuelle) « nouvelle impuissance démocratique ».
Un plan des séances et une bibliographie seront remis en début d’année. Ce séminaire exige une participation active et assidue des étudiants inscrits. La répartition des tâches et la constitution des groupes de travail se feront lors de la première séance de chaque semestre.


MASTER II- ETHIQUE ET PHILOSOPHIE POLITIQUE DE LA FAMILLE

                  Individualisation de l’enfant (devenu roi, voire tyran !), autonomisation de la femme, destitution du pater familias, fragilisation des couples, élargissement du mariage, complexification des liens, bouleversement des règles de la procréation, … ce ne sont là que quelques-unes des mutations qui ont touché la famille contemporaine. Quelles sont les conséquences sur « le fait universel de la famille » (Lévi-Strauss) ? Comment analyser et interpréter ces métamorphoses ? Faut-il y voir une véritable mutation anthropologique, qu’elle s’exprime en terme de dépassement ou d’achèvement de la famille ? Faut-il y voir une plus modeste, mais peut-être aussi plus complexe « reconfiguration » des liens familiaux ? Après avoir exploré les grands scénarios contemporains d’interprétation des transformations de la famille (année 2012-2013), le séminaire entend cette année réfléchir sur les conditions d’une philosophie éthique et politique de la famille selon quatre axes principaux : 1) Peut-on envisager une systématisation des théories de la famille qui ont connu, à la faveur du développement des sciences humaines, un développement sans précédent ? ; 2) Comment examiner de manière globale les métamorphoses contemporaines des liens familiaux  qui, plus que le groupe familial lui-même (désormais éclaté), semblent constituer le fait familial contemporain par excellence ? 3) ; Quelles conséquences cette transformation de l’« entité » famille en un « tissu de liens » peut-elle avoir sur la conception même des politiques familiales ? ; 4) Quelle place ces liens familiaux occupent-ils dans l’économie laïque du sens de l’existence ?
Un plan des séances et une bibliographie seront remis en début d’année. Ce séminaire exigera une participation active et assidue des étudiants inscrits. La répartition des tâches et la constitution des groupes de recherche se feront lors de la première séance de chaque semestre.




COLLEGE DE PHILOSOPHIE — SAISON 2026

Le Collège de philosophi e ,  présidé par Pierre-Henri TAVOILLOT et Eric DESCHAVANNE,  a le plaisir de vous convier à ses conférences publiq...